vendredi 14 octobre 2011

May Be a Drummer...

Chers amis mélomanes,

La découverte de ce qui peut être et de ce qui peut devenir pour chacun d'entre nous (c'est-à-dire les amoureux fous de musique) de l'inédit et de l'inouï en musique est, me semble-t-il, toujours une expérience des plus excitantes, des plus enivrantes et parfois même des plus oniriques. La dernière en date, pour ce qui me concerne : Guido May. Qu'est-ce donc que cela, Guido May ? Ou plus exactement, qui est-ce ? Cet énigmatique Guido May est un musicien, et il est plus précisément batteur... Quel type de batteur, me demanderez-vous ? Disons-le tout de suite : un batteur à la fois classique et moderne ; mais, au vrai, le seul batteur dont je désirerais vraiment la collaboration musicale et professionnelle pour remplacer Jeff Porcaro et pour être un autre Jeff Porcaro, c'est-à-dire pour être un autre Jeff Porcaro qui ne serait pas du tout Jeff Porcaro, tout en pouvant produire ce que ce dernier produisait et en le prolongeant (un peu à la manière de ce que Martin Heidegger disait de l'oeuvre d'art : elle n'est pas une chose, elle est "autre chose" qu'une chose ou que la chose, dans la mesure où, tout en étant une chose empirique pour nous dans le monde, c'est-à-dire tout en étant effectivement et également une chose ou la chose - cette chose -, elle est d'emblée une chose autre que la simple chose : c'est pourquoi elle est autre chose). Pour la première fois sans doute depuis la mort de Jeff Porcaro, je me suis mis à rêver et je me suis même imaginé vouloir entendre le grand Guido May (un véritable "illustre inconnu") jouant les partitions de "Rosanna", d'"Africa", de "Jake To The Bone", de "Gaucho", de "10 P.M.", de "Creature Stomp" ou de "The Lady in my Life"... Bref, vous l'aurez compris : Guido May est un batteur et un musicien plus que remarquables ; en tout cas, il est assurément un batteur et un musicien qui mérite d'être entendu et d'être découvert : bref, un "autre Jeff Porcaro" qui ne serait que Guido May... Un batteur pour Toto, pour Steely Dan, pour la musique en général, et, en plus, il est un remarquable batteur de jazz (c'est dans cette perspective que j'ai eu l'occasion et la chance de le découvrir - http://www.guidomay.com/).

Si funky, si sensuel, si efficace et si génial à la fois...

   

lundi 10 octobre 2011

Son of...

J'ai oublié : le concert de Joe Louis Walker a également été l'occasion de découvrir un remarquable musicien (un "illustre inconnu", pourrait-on se hasarder d'ajouter, à la façon d'Alain Gerber) ; son nom : Murali Coryell. Coryell, comme Larry Coryell ? La réponse est oui : le "fils de", donc, est à la fois chanteur (on l'a apprécié tel quel à plusieurs reprises, fort heureusement), guitariste (continûment), arrangeur, producteur et compositeur (certaines de ses propres compositions ont été à l'honneur durant le concert) ; il est en outre très talentueux et pourrait même avoir parfois du génie (et en plus de ça, francophone et peut-être francophile - il suffisait de remarquer les quelques regards et sourires de JLW emprunts d'admiration à son endroit, durant le concert)... En tout cas, les trois aspects principaux qui caractérisent la musicalité de cet excellent musicien touchent au chant (un Michael Bolton à la fois dirty et nasty, et aimant véritablement la musique, et ne vivant que pour elle), la guitare (un guitariste dont les parties rythmiques sont bluesy et funky, et dont les chorus sont efficaces et souvent pertinents), et l'entertainement (un peu racoleur sur les bords, mais sans jamais être vulgaire, ni provocateur, ne voulant qu'un échange désirable avec le public, et cela avec, quoi qu'il en soit, une sincère humilité et une certaine pudeur). Bref, vous l'aurez compris, j'ai adoré le fils de Coryell, et je n'ai donc plus que deux désirs : le découvrir absolument (j'ai vraiment envie de vous y inviter aussi), et le redécouvrir à nouveau sur scène.

Bien musicalement à vous.

Crossin' What ?

Chers amis mélomanes,

Aimez-vous Christopher Cross ?


Sunday Playback

Sur mon système dimanche dernier :

- Maynard Ferguson, Birdland Dream Band Volume 2 (CD BMG RCA VICTOR Gold Series 82876555662)
- Pierre de Bethmann, Cubique (CD PLUS LOIN MUSIC PL4521) 
- Mattew Shipp, Prism (CD hatOLOGY 549)
- Kevin Hays Trio, Live At Smalls (CD smallsLIVE SL - 0002)
- Earth, Wind And Fire, Illumination (CD Sanctuary Urban SANCD312)
- La grande histoire du jazz au temps du middle jazz et du bop 1952-1955 (CD 26, 27, 28 Le Chant du Monde 574 1925.49)






The Seventh : A Soul Voice

Le sept de ce mois, j'ai eu l'occasion et la chance de découvrir sur scène un musicien dont je connaissais le nom, mais dont je n'avais jamais entendu la musique : JLW. Qui se cache derrière ce JLW, me demanderez-vous ? Joe Louis Walker, c'est son nom : guitariste (émérite, bluesy, funky, rocky et parfois dirty et nasty), chanteur (j'y reviendrai), compositeur (efficace), arrangeur (efficace, également), producteur et artiste avant tout (avec à la fois une élégance et une désinvolture presque retenues, mais bien présentes). Si le concert que j'ai eu la chance d'apprécier fut presque en tous points remarquable et enthousiasmant (cinq musiciens dont le professionnalisme, la camaraderie et l'amour de la musique étaient perceptibles et indéniables, et donc appréciables pour les mélomanes), ce par quoi j'ai été vraiment subjugué durant ce concert, ce fut la voix de JLW : une superbe voix noire ; une voix Soul, tout simplement et définitivement... J'ai été complètement subjugué par cette superbe voix, parce que j'ai été happé par elle ; je ne pouvais pas m'empêcher d'être suspendu aux lèvres et aux expressivités de cette sublime voix : j'y ai entendu le blues, certes, j' ai également entendu parfois les accents violents du rock, mais j'y ai avant tout entendu la Soul, à l'origine de laquelle se situe le blues. Une Soul non mièvre, ni caoutchouteuse, mais une Soul dont le débit, les articulations et les intonations présentaient le chant et la musicalité du chant dans toute leur rugosité, dans toute leur intégrité, et dans toute leur âme. Bref, vous l'aurez compris, je suis tombé amoureux de cette voix et de cette voie d'expression du chant et de la musique... Au vrai, je n'ai plus qu'un désir : les entendre à nouveau dans tout ce qu'elles ont de plus vivant et de plus vivifiant.

vendredi 7 octobre 2011

Dear William


Chers amis mélomanes,

Aimez-vous Billy Higgins ?

Aimez-vous Erroll Garner ?

Aimez-vous Jackie McLean ?

A priori, la réponse à ces questions à peine rhétoriques ne peut qu'être positive... Non ? 






Brit Pleasure ?

Chers amis mélomanes,

Aimez-vous Britney Spears ?


mardi 4 octobre 2011

100D DAC

Pour ceux qui chercheraient un convertisseur numérique de qualité (made in Canada par l'un des meilleurs producteurs mondiaux de matériel audiophile), très fonctionnel, très musical, ergonomique et pas si cher que ça, voici le lien d'une chronique dont l'objet a été de tester le remarquable Simaudio 100D DAC (l'une des références incontournables de mon système audiophile actuel) : http://www.avguide.com/review/simaudio-moon-100d-usb-dac-tas-215 (mais vous trouverez également une très bonne chronique dans l'un des numéros du magazine Diapason de l'année écoulée). Comment décrire simplement sa musicalité ? Dynamique, très précis, avec une très bonne définition, une belle clarté étincelante (sans brillance), une présence physique perceptible et presque palpable, neutre, un bon équilibre tonal et une très belle image stéréophonique. A cela, l'on peut ajouter une excellente qualité de fabrication, une fiabilité à toute épreuve et un design des plus sobres et des plus efficaces. Les seules limites du produit concernent les aspects techniques, et ils sont au nombre de quatre : 1) l'entrée USB ne prend en charge que les signaux limités à 16/48 Khz (il faut donc investir dans un convertisseur USB/S-PDIF, afin de pouvoir bénéficier de fichiers haute définition) ; 2) il faut faire attention à la phase électrique de l'alimentation ; 3) il n'a pas assez le sens du rythme (un bas du spectre certes rapide, mais pas assez bien articulé, ni assez sec), et il lui manque un peu de raffinement ; 4) enfin, il lui faut plutôt des câbles dont la signature sonore et musicale est mate, privilégiant le staccato. Cela étant, rassurez-vous, il est avant tout musical et très attachant : alors, si vous en avez l'occasion, essayer de le tester dans un auditorium. Pour ce qui me concerne en tout cas, je l'ai adopté depuis longtemps, maintenant...

Bien musicalement à vous.



BBB+

BBB+ ? C'est la note suprême d'une musicalité accordée à des musiciens ayant du génie, et qui ont par là même une attitude musicale et esthétique empreinte d'intégrité, d'authenticité et d'inventivité (et de simplicité au sein d'une complexité mélodique et harmonique, parfois)... Mais à qui l'attribuer, me direz-vous ? Aux Geller, bien évidemment, Herb (saxophoniste alto, compositeur et arrangeur), et Lorraine (pianiste), étant leurs prénoms. BBB+, toujours, mais qu'est-ce donc là ? Que faut-il exactement entendre par là ? Le Bebop bluesy du blanc (et cool avec ça : ça, c'est le plus), tout simplement. Ainsi, de Herb, l'on pourrait dire qu'il est comme une sorte d'héritier inventif blanc de Charlie Parker, se situant entre Art Pepper et Sonny Criss (et parfois Sonny Stitt) : des chorus remarquables dont l'intensité, la densité, l'inventivité et la fluidité (et même parfois la sensualité aride, notamment sur les ballades), font de lui un musicien ayant indéniablement du génie - un musicien qui ne peut qu'éveiller l'intérêt du mélomane, l'enthousiasme du musicien et la curiosité des mélomanes en devenir et des amoureux du jazz. Mais ce génie ne se nourrit pas uniquement de ces éléments de virtuosité et de musicalité ; il se nourrit également et pleinement d'une volonté affirmée de forger une véritable oeuvre, à la fois simple et accessible : de nombreuses compositions originales en sont clairement le signe, et la qualité des arrangements n'est aucunement en reste, bien au contraire. Bref, vous l'aurez compris aisément : j'aime le musicien Herb Geller, et je vous invite à le découvrir ou à le redécouvrir, si vous le connaissiez déjà. Dans l'article que lui consacre le Dictionnaire du jazz, il est justement précisé qu'à "l'alto, lyrique, expressif, prolixe, plus crispé que cool, où affleurent des violences légères dont les déchirures, ni différées ni tellement retenues, débordent les canons de l'esthétique West Coast, on reconnaît qui passent, en contrebande, les fantômes noirs du bop."

Quant à Lorraine, dont je connaissais bien évidemment le nom, je dois avouer que je ne m'étais pas suffisamment intéressé à elle (hélas !) : mais, maintenant, c'est chose faite, et le moins que l'on puisse dire, c'est que mon amour et mon enthousiasme pour Geller ne s'arrêtent plus au seul Herb. Voilà une pianiste moderne des plus intéressantes et des plus séduisantes (pour une femme, c'est tout ce qu'il y a de plus normal, me direz-vous, mais...) - une pianiste vraiment moderne à la fois classique et bop dont la musicalité virtuose est proprement diabolique : des chorus endiablés dont la maîtrise technique, le drive et le swing sont tout simplement impressionnants et complètement entraînants (et souvent enthousiasmants) ; des chorus de ballades dont les chants et le débit arides (encore une fois), sont proprement désarmants et émouvants, et des expériences en solo faisant explicitement écho et hommage aux univers et au génie garnériens (et oui, il y a aussi du Erroll Garner chez Lorraine : j'en veux pour preuve le magnifique "Love (You Magic Spell)"). Dans le Dictionnaire du jazz toujours, il est dit de sa musicalité qu'elle est constituée de "phrases compactes" (certes oui, mais de longues phrases et de beaux discours dont le début, le développement et la fin sont clairement et distinctement exprimés), "de brèves brillances, un swing sec : il y a une instensité, une urgence gaie dans ce traitement sans ménage du piano." Elle me fait parfois penser à un musicien tel que Pete Jolly, mais en plus enthousiasmant et en plus intéressant musicalement... Bref, là encore, vous l'aurez compris, j'aime la musicienne Lorraine Geller, et je vous invite également à la découvrir ou à la redécouvrir.

Pour finir, une petite sélection discographique :

- Herb Geller Quartet, The Gellers, (CD 222984-203 OLP #19) (réédité chez Fresh Sound)
- The Herb Geller Sextette, (CD  222985-203 OLP #20) (réédité chez Fresh Sound)
- Maynard Ferguson, Birdland Dream Band Volume 1, (CD BMG RCA Victor Gold Series 09026638732)
- Maynard Ferguson, Birdland Dream Band Volume 2, (CD BMG RCA Victor Gold Series 82876555662)
Chers amis mélomanes,

Aimez-vous Katy Perry ?